Henri Lucien Doucet (1856, 1895)

Henri-Lucien Doucet est un peintre de genre et un portraitiste français.

Ses œuvres dépeignent des scènes brillantes de la vie moderne essentiellement parisienne, bien qu’il ait fait un séjour à la villa Médicis après avoir remporté le grand prix de Rome aux Beaux-Arts en 1880.

Biographie de Lucien Doucet

Biographie de Henri-Lucien Doucet

Henri-Lucien Doucet (né le 23 août 1856 à Paris & décédé le 31 décembre 1895 à Paris et et inhumé à Saint Leu d'Esserant dans l'Oise) est un peintre de genre & d'histoire, portraitiste, aquarelliste, pastelliste & illustrateur.
Lucien Doucet entre à 18 ans, en 1874 à l'Académie Julian, sous la direction du peintre Jules Lefèbvre. Il y obtient 5 médailles de bronze. Il est ensuite admis à l'Ecole des beaux-arts de Paris, où il fut l'élève de J. Lefebvre & de Gustave Boulanger.

En 1877 à l'Ecole des beaux-arts Lucien Doucet obtient 5 médailles d'argent.
Il débuta au salon de 1877, à Paris quand il était âgé de vingt et un ans. Puis, il interrompit sa formation en 1877 pour travailler aux Etats-Unis & il habitait Madison av. à New-York. Son œuvre « Un page au XIIIè siècle » figura cette année-là, à l'exposition de la National Academy of Design à New-York.
L'année suivante, « Tête de fille » marque sa dernière manifestation new-yorkaise. A la suite de ce séjour, les sujets dans l'œuvre de Doucet témoignent de son attachement au Nouveau Monde. Les premières œuvres de Lucien Doucet montrent l'influence de Jules Bastien-Lepage (1848-1884), un peintre qui avait une influence notable sur le monde de l'art dans les années 1880. Il envoya au salon de 1878 une toile intitulée « Atala ». En 1878 Lucien Doucet obtient 2 autres médailles et le 1er second grand prix de Rome avec le sujet "La mort de Démosthène". En 1879 il obtient encore 2 médailles et une 1ère médaille de troisième classe au "Prix du Salon". Il exposa à ce salon le « Portrait de miss Guillemette F. » (ainsi qu'au salon de 1880), celui de « Mlle Yvonne L. » ainsi que celui du « Comte Robert de Montesquiou Fézensac ».
En août 1880 la "gazette des femmes" reporte la liaison de Lucien Doucet avec Lola de Ruiz de Philadelphie : ils se sont connus et remarqués dans l’atelier de leur maître commun, Jules Lefebvre à l’académie Julian (Voir "Artistic relations- Literature and the visual arts in nineteenth-Century France"). Cette même année, il remporta le Grand prix de Rome avec son tableau « Reconnaissance d'Ulysse et de Télémaque ».
Il séjourna de 1880 à 1884 à la villa Médicis à Rome. Pendant ce séjour il obtient la médaille d'or dans des expositions à Rouen et à Munich.
Lola l'ayant rejoint à Rome, ils firent un mariage catholique secret le 13 février 1881 à Rome, puis un mariage civil toujours à Rome le 3 janvier 1883.


A Venise, il retrouva son ami le peintre Georges Rochegrosse et, en sa compagnie, visita une partie de la glorieuse presqu'île. L'audace de certaines toiles qu'il peignit en Italie (« Bérénice » inspirée d'Edgar Poe) lui valut la censure.
Doucet remporta une médaille de deuxième classe au salon de 1887 à Paris. En 1888 il obtint un diplôme d'honneur de la Société des Amis des Arts.
Il reçoit une médaille d’argent et une d’or à l’exposition universelle de 1889 à Paris.
A partir des années 1890, Lucien Doucet avait introduit Georges-Antoine Rochegrosse, dans le milieu symboliste que les jeunes revues exaltaient depuis 1866.
Il est fait chevailier de la légion d’honneur en 1892, puis Chevailier St Maurice et St Lazare.
Il exposa au salon de 1893 des Sociétés des Artistes Français et Nationale des Beaux-Arts.
Il reçoit une médaille hors concours à Chicago puis est fait Chevailier de St Michel de Bavière en 1893. Il obient la médaille de 1ère classe à l'exposition d'Anvers en 1894.

Lucien Doucet et les scènes de genre
C’est au XIXème siècle, lorsque s’accentue la fracture entre art académique et « avant-garde », que la peinture de genre va peu à peu supplanter la « peinture d’histoire » La peinture de genre était très prisée de la seconde moitié du XIXe siècle aux années 1930, détrônant la peinture d'histoire. Elle faisait l'objet d'un enseignement à part dans les différentes académies des beaux-arts européennes.
Lucien Doucet réalisera quelques célèbres œuvres de genre, telles que « Après le bal », « Le soir au château », « Les patineuses », « Agar perdue dans le désert ».

Sa peinture « Une partie de patinage » ou « Les patineuses », de 1893, a été exposée à l'Exposition universelle de Chicago, qui a eu lieu de mai à Octobre 1893 à Chicago en l'honneur du 400e anniversaire de la découverte de Colomb du Nouveau Monde. Goupil a réalisé une gravure de cette toile « Les patineuses ».
La scène prise au coucher de soleil dans un ciel couvert est joyeuse et animée. Elle a été composée au Pigeon-Shooting Club du Bois de Boulogne.
Le tableau « Après le bal » est un sujet galant où on peut déceler une influence de l'Olympia d'Édouard Manet, peint plus de vingt-cinq ans plus tôt. Au XIXe siècle, le bal fait partie, selon des modalités variées, des loisirs de toutes les couches de la population.

Le sujet de l'œuvre « Lady absinthe » est une femme distinguée dans un cadre plutôt luxueux avec une lumière éclatante. On est loin des buveurs d’absinthe dans des cafés peints par de nombreux peintres à la fin du XIXème et au début du XXème siècles. Spiritueux très en vogue dans la seconde moitié du XIXème siècle, l’absinthe, la fée verte fut largement consommée et sujet de nombreux tableaux par les artistes comme Toulouse Lautrec Buveuse d'absinthe, à Grenelle », 1886 et « Gueule de bois ou Portrait de Suzanne Valadon » (1888). Voir aussi « Le buveur d'absinthe » d’Edouard Manet (1859), l'innovante toile « L'absinthe » d’Edgar Degas 1876) et la « Buveuse d'absinthe » de Pablo Picasso (1901), de sa période dite "Période bleue".
Le même sujet a été aussi peint par Vincent Van Gogh (« Nature morte à l'absinthe », 1887), Félicien Rops (« La Buveuse d'absinthe », 1877) et Jean Béraud l'auteur d’une série de tableaux montrant une « Buveuse au café », que l’on peut considérer comme des variations autour du thème inauguré par Degas.

L'atelier de Lucien Doucet était situé 64 rue de la Rochefoucauld à Paris. Le peintre Lucien Doucet (1856-1895) est photographié dans son atelier, palette et pinceau à la main, assis devant un chevalet. Il tourne le regard vers le photographe. Autour de lui sont présentés plusieurs de ses tableaux encadrés, posés sur des chevalets, notamment une lamentation et un nu féminin de dos. Son matériel de peinture est posé sur une chaise et un petit meuble à côté de lui.

Les patineuses

Après le bal, 1889

Le soir au château

Lady absinthe

Photographie de Lucien Doucet
dans son atelier
Photographie d’Edmond Bénard

Lucien Doucet et les portraits
Il se distingue aussi comme pastelliste pour ses portraits, notamment avec les toiles « Mes parents », « La princesse Mathilde Laetitia Wilhelmine Bonaparte », « Portrait de Robert de Montesquiou » et le « Portrait de Galli Marié dans Carmen, représentation à l'Opéra-Comique ».
Son portrait, « La Princesse Mathilde » fut acquis par l'état pour le musée du Luxembourg à Paris, tandis que son « Iphigénie » ornait autrefois l'escalier du Théâtre français. Par ailleurs, on voit quelques unes de ses œuvres aux musées d’Orsay, de Lille, de Lyon, de Pontoise & du château de Versailles ainsi qu'au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale à Paris.

La princesse Mathilde
Laetitia Wilhelmine
Bonaparte

Robert de
Montesquiou, 1879

Portrait de Alphonse-
Amédée Cordonnier
(1848-1930), sculpteur

Galli Marié dans
« Carmen », 1884

Betty du Cabaret
du Chat Noir

Portrait de
Mademoiselle M.

Lucien Doucet Professeur de peinture à l’Académie Julian vers 1888 - 1893
Henri-Lucien Doucet, à sa manière de rebelle mineur, était instructeur à l'Académie Julian, où ses étudiants travaillaient devant des modèles vivants. Il a été le professeur comme Jean-Joseph Benjamin Constant et Jules-Joseph Lebfèvre, d’un certain nombre de peintres tels que Paul Peel (en 1888), Charles Courtney Curran (en 1889), Ernest Clifford Peixotto (en 1888), Guy Rose (en 1888), Joseph Henry Hatfielp (en 1889), Colin Campbell Cooper (de 1886 à 1890), Charles Franklin Reaugh (en 1888-1889), Vesper L. George (en 1889-1892), Thomas Pollock Anshutz (en 1892) et Walter Elmer Schofield (1892) à l’Académie Julien.

Professeur de peinture à l'École Nationale des Beaux-arts
Dans son atelier aux Beaux-arts, avec Jules Lefebvre, Lucien Doucet aura en 1888, Maurice Denis comme élève. Ce dernier la même année va créer le groupe Nabis avec Sérusier, Bonnard et Vuillard.

Henri-Lucien Doucet enseignant à l’école Polytechnique
Lucien Doucet a été maître de dessin à l’école Polytechnique.
Le dessin d’imitation est enseigné dès la création de l’École polytechnique en 1794.

Henri-Lucien Doucet Décorateur au petit théâtre de marionnettes à Paris
Lucien Doucet et Georges Rochegrosse ont brossé les décors du petit théâtre de marionnettes, qu'Henri Signoret venait d'installer dans la galerie Vivienne à Paris. Dans ce petit théâtre on y présenta Le Gardien vigilant, de Cervantès, Les Oiseaux, d'Aristophane et La Tempête, de Shakespeare, dont Ernest Chausson écrivit la musique.
Anatole France écrivit au sujet de ce petit théâtre : « encore les paysages de rêve que donnèrent pour décors à ces poupées augustes les peintres Georges Rochegrosse, Henri Lerolle et Lucien Doucet »

Henri-Lucien Doucet et "Les Petites-Dalles"
Lucien Doucet est cité par la romancière Jacques Vincent dans son livre "Un salon parisien d'avant-guerre" comme faisant partie des habitués des Lampottes. C’est Henri Georges Stefan Adolph Opper, correspondant à Paris du célèbre journal anglais Times, qui en 1881 acheta un terrain aux Petites-Dalles sur lequel il fit construire la villa "Les Lampottes" qui fut achevée en 1883. Cette villa était un magnifique cottage isolé, perché sur le haut de la falaise qui surplombe la plage des Petites-Dalles.
Lucien Doucet a-t-il fait des tableaux des Petites-Dalles?
Des peintres ont pris les Petites-Dalles comme source d'inspiration et dont certains sont très célèbres: Eugène DELACROIX (1798-1863), Eugène BOUDIN (1824-1898), Camille PISSARO (1830-1903), Claude MONET (1840-1926) et Berthe MORISOT (1841-1895).

Remarque : Attention à la confusion entre Henri-Lucien Doucet et Henri Auguste Doucet
Par exemple dans un site sur l’académie Julian « Henri Lucien Doucet », élève de Boulanger et de Lefebvre est présenté mais la biographie détaillée correspond à celle de Henri Auguste Doucet, élève aussi aux Beaux Arts.
Henri Auguste Doucet (1883 –1915) est un dessinateur et un peintre français. Henri Doucet aux Beaux-Arts fut l'élève de Gabriel Ferrier, puis de Jean-Paul Laurens qui lui enseigne l'art des grandes compositions, pour finir élève de Henri Martin avec lequel il travaille sur les décors du Capitole de Toulouse.

Tous mes remerciements à Chantal Brizemur et Annick Chauvel, arrières petites filles du peintre, pour m’avoir donné accès à des reproductions d'œuvres et des précisions sur la biographie de Lucien Doucet.