Œuvres de Henri-Lucien Doucet dans les musées
A la fin du
XIXe siècle, le portrait mondain, qu’il soit peint ou sculpté,
suscite un engouement considérable. Reflet de la situation sociale
de modèles issus de l’aristocratie ou de la bourgeoisie qui animent
le « Paris fin de siècle », il accentue certaines de ses
caractéristiques les plus prisées : l’élégance et la distinction
féminines, la sobriété d’allure et l’autorité
masculines. L’on vient de toute l’Europe, de Russie ou des
Etats-Unis pour confier ses traits aux pinceaux ou aux ciseaux des
plus célèbres artistes à Paris.
Henri-Lucien Doucet se réalise
pleinement dans ce courant, en devenant un grand portraitiste, en réalisant notamment les portraits du comte Robert de Montesquiou, de la princesse Mathilde Laetitia Wilhelmine Bonaparte et aussi de Galli-Marié dans le rôle de Carmen.
Œuvres au Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Deux toiles de Henri-Lucien Doucet se trouvent au Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon :
- « Comte Robert de Montesquiou-Fézensac » (1879)
Le comte Robert de Montesquiou (1855-1921), est un homme de lettres,
un dandy et critique. « Son œuvre est, en ce sens, la protestation la
plus généreuse comme la plus désintéressée. » (cf référence).
Il fut l’étoile centrale d’une constellation prestigieuse (Marcel Proust, Gustave Moreau, Whistler, Boldini, Sarah Bernhardt, Leconte de
Lisle, Mallarmé, Verlaine, Paul Valéry, Francis Jammes et d’autres encore). Il a été pris pour modèle par plusieurs peintres tel que
James Whistler (1891), Antonio
La Gandara (1892), Giovanni Boldini (1897), photographié par Paul Nadar (1895), dessiné par Caran d’Ache en une du
Figaro. Familier de Gustave Moreau, il en fut un critique réputé.
Alors que les autres portraits du baron de Montesquiou mettent en
relief plutôt son côté aristocratique et mondain, Lucien Doucet campe
le personnage sous un aspect digne et réservé sans prétention et excès.
- « La princesse Mathilde Laetitia Wilhelmine Bonaparte » (1894)
Ce 2ème tableau a été exposé dans l'hôtel particulier de la princesse
Mathilde, 20 rue de Berry à Paris de 1894 à 1905 ; puis légué en
février 1905 par la princesse Mathilde au musée nationaux.
Fille de Jérôme Bonaparte, ex-roi de Westphalie, et de sa deuxième
épouse, Catherine de Wurtemberg, la princesse Mathilde est élevée à
Rome et à Florence où ses parents sont en exil. (cf Wikipedia)
Elle tient à Paris un salon littéraire couru chez elle, où elle reçoit des écrivains (Paul Bourget, les frères Goncourt, Gustave Flaubert, Tourgueniev, Marcel Proust, entre autres).
Lucien Doucet donnait des leçons de dessin à la princesse Mathilde. Elle a d'ailleurs favorisé sa nomination comme professeur à l'école Polytechnique.
Dans sa toile de la princesse Mathilde, Lucien Doucet la représente à sa table de travail à mi-corps, assise, de profil à droite, penchée sur ses aquarelles.
Henri Bouchot (1849-1906), historien de l'art et conservateur, écrivit sur l’« Exposition des portraits des écrivains et
journalistes du siècle (1793-1893) » que « de très grands artistes ont illustrées en son honneur (d’Edmond de Goncourt) de
portraitures tout à fait charmantes. Rochegrosse y a mis un Banville, Tissot une Mme Daudet, Doucet Mme la princesse Mathilde,
Gandara un M. de Montesquiou, Bracquemond un semetipsum. » (Gazette des Beaux-Arts (tome XXXVIII, no 15, 1er février 1896).
Le peintre d'histoire et portraitiste Edouard-Louis Dubufe (1819-1883), a aussi
réalisé un portrait de la princesse, mais plus majestueux
(tableau au musée du Château de Versailles).

Comte Robert de Montesquiou-Fézensac, 1879
(Huile sur toile, 129,5 x 86,5 cm)

La princesse Mathilde Laetitia
Wilhelmine Bonaparte
(1820-1904), 1894
(Pastel sur toile, 92,4 x 73,1 cm)

Gravure de « La princesse Mathilde
Laetitia Wilhelmine Bonaparte »
d'après Henri-Lucien Doucet
B.N.F.

La princesse Mathilde au 20 rue de Berri
(De gauche à droite : l’artiste peintre
Lucien Doucet,la princesse Mathilde,
le comte Joseph Primoli, et Louise Rasponi)
Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris
Plusieurs œuvres se trouvent dans cette école où Lucien Doucet fut admis en 1874 et y remporta le Grand prix de Rome en 1880 avec « La reconnaissance d'Ulysse et de Télémaque ».
Les œuvres présentes sont :
- « La reconnaissance d'Ulysse et de Télémaque » (1879)
La scène représentée par le tableau est tirée de la première partie de l'Odyssée. Aidé par Athéna, Télémaque reconnaît son père Ulysse. Ils
vont alors unir leurs forces pour exterminer les prétendants au trône.
Le sujet de cette œuvre s’intègre dans les thèmes homériques, « Dieux et Mortels » de la collection de l’Ecole nationale
supérieure des beaux-arts de Paris (comme les œuvres de Paul Jourdy, Alexandre-Adolphe-Gustave Levasseur, Jean-Charles-Joseph Rémond, Henri Regnault, Jean-Baptiste Marty, Jean-Baptiste Carpeaux, Alfred Edouard Lepère, Pierre-Jules Cavelier, Jules-Joseph Lefebvre, Charles-Louis Bazin, André Giroux, Hippolyte Flandrin, Gustave Boulanger). Henri-Lucien Doucet a aussi réalisé uns esquisse de la figure d'Athéna.
Lionel Noël Royer (1852-1926) a réalisé aussi "Reconnaissance
d'Ulysse et de Télémaque" qui lui valut le deuxième second grand prix de Rome en 1880.
- « Torse ou demi-figure peinte », 1879
Les autres œuvres présentes aux Beaux-Arts sont : Faune à la flûte (1875), Figure dessinée d'après nature (1876), Faune au chevreau (1877),
L'enlèvement d'Orithie (1877) et 4 figures peintes (1877 à 1879).

La Reconnaissance d’Ulysse et de Télémaque d’Henri-Lucien Doucet, 1879
(Huile sur toile, 145 x 113 cm)

Etude pour la figure d'Athéna de « La reconnaissance d'Ulysse et de Télémaque » d’Henri-Lucien Doucet, 1879

Reconnaissance d'Ulysse et Télémaque de Lionel Noël Royer, 1880
(Huile sur toile 114,5 x 145,2 cm)
Mairie de Castellane (Provence-Alpes)

Torse ou demi-figure peinte d’Henri-Lucien Doucet, 1879
Deux tableaux de Henri-Lucien Doucet sont exposés au musée d'Orsay :
- « Portrait d'homme » (1878),
- « Portrait de "Ma famille" » (1890)
Cette 2ème toile représente les parents (Xavier Doucet et Claire Laurence Labrot) de Lucien Doucet avec Agnès Doucet fille unique du
peintre.
Cette œuvre est actuellement dans la salle du Conseil municipal de la mairie de Fontgaubault (dans le département de l'Indre).
Œuvres dans d'autres musées
Bibliothèque du musée de l'Opéra : Portrait de Galli
Marié dans "Carmen", représentation à l'Opéra-Comique, 1884. Lucien Doucet a peint ce tableau lors de son séjour à Rome.
Célestine Galli-Marié (1840–1905) mezzosoprano créa
le rôle de "Carmen" en 1875 lors de la représentation à l'Opéra-Comique.
La belle Carmen, matérialisée notamment par un portrait aux dentelles froufroutantes de l'actrice Célestine Galli-Marié peint par Henri Lucien Doucet, est un peu la reine de l'Opéra-Comique, lieu qui se trouvait être dans la France du XIXe siècle le rendez-vous de tous les arts.
À l’occasion de son tricentenaire, l’Opéra Comique s’associe au Petit Palais pour
évoquer quelques-uns de ses plus grands chefs-d’œuvre créés au tournant des
XIXe et XXe siècles, période la plus faste de l’institution. Près de 200 œuvres
seront rassemblées autour de sept grands opéras conçus entre 1870 et
1902, dont la plupart sont aujourd’hui joués dans le monde entier :
Carmen, Les Contes d’Hoffmann, Lakmé, Manon, Le Rêve, Louise et enfin
Pelléas et Mélisande (« De Carmen à Mélisande. Drames à l’Opéra-Comique » du 18 mars au 28 juin 2015).
Célestine Galli Marié, dans le rôle de Carmen a aussi été photographiée par Félix Nadar.
Palais des Beaux-Arts de Lille :
Portrait de Alphonse-Amédée Cordonnier (1848-1930), sculpteur
Musée d'Angoulême :
Agar dans le désert
Des centaines de tableaux que l'on qualifie généralement d'académiques, à partir de la seconde moitié du XIXème et durant près d'un siècle, ont été acquis par l'Etat français.
C’est le cas de l’œuvre "Agar", tableau de Lucien Doucet.
Musée des beaux-arts de Tours :
Portrait de Victor Laloux
Victor-Alexandre-Frédéric Laloux (1850 - 1937) est un architecte français qui a réalisé notamment la gare de Tours, la basilique Saint-Martin à Tours et la gare d'Orsay à Paris (actuel musée d'Orsay).
Musée de Soissons :
« Le repos » ou « Nu couché »
Sur des draperies, paresseusement, une femme nue est couchée. Elle est vue de dos. Ses cheveux noirs dénoués sur la peluche; une grande lumière éclaire le dos. La jambe droite est pliée, la jambe gauche s'allonge, le pied relevé sur un coussin. Toute la ligne des modelés émerge d'un fond sombre (Catalogue de vente de la collection Dumas fils, 1896). Le cartel original, retrouvé en 2007, stipule "ancienne collection Dumas père, don M. P Dehaitre 1908"

Célestine Galli Marié dans « Carmen » de Henri-Lucien Doucet, 1884
(Huile sur toile, 116 x 89 cm)
Bibliothèque-Musée de l’Opéra de Paris

Célestine Galli Marié dans « Carmen » de Félix Nadar
Photographie

Portrait de Alphonse-Amédée Cordonnier d’Henri Lucien Doucet, 1882
(Huile sur Bois, 30 x 23 cm)
Musée des Beaux-Arts de Lille

Agar dans le désert de Henri-Lucien Doucet, 1882
(Huile sur toile, 189 x 261 cm)
Musée d'Angoulême

Portrait de Victor Laloux de Henri-Lucien Doucet
Musée des Beaux-Arts de Tours

« Le repos » ou « Nu couché »
de Henri-Lucien Doucet
(Huile sur toile, 75,5 x 215,5 cm)
Musée de Soissons

«L'espagnole » de Henri-Lucien Doucet
Musée Tavet-Delacour de Pontoise (Val-d'Oise)

« Tête de jeune fille » de Henri-Lucien Doucet
Musée Tavet-Delacour de Pontoise (Val-d'Oise)